Le terme floating, traduit par «flottement» en français n'est pas très évocateur.
En fait, il s'agit de payer votre adversaire au flop avant de le relancer à la turn s'il check.
C'est un bluff sophistiqué qui se réalise en deux temps, au flop et au turn.
Le floating est particulièrement efficace pour contrer les continuation-bet.
C'est en effet le principal objectif du floating, punir les joueurs qui abusent du continuation-bet (et ils sont nombreux!).
Vous le savez certainement, dans la plupart des cas, les flops n'améliorent pas votre main, ni celles de vos adversaires. Ainsi, la plupart des joueurs vont miser post-flop pour faire une mise de continuation; beaucoup d'entres eux abusent de ce bluff jusqu'à l'utiliser systématiquement.
Vous allez alors les contre-bluffer en vous contentent, dans un premier temps, de suivre leurs mises.
Votre adversaire, voyant que son continuation-bet a échoué, va généralement checker au turn, pour ensuite se coucher après votre mise.
Peut-être vous posez vous la question suivante: pourquoi ne pas relancer directement la mise de l'adversaire au flop (puisque vous savez qu'il bluff)?
Tout d'abord, parcque cela vous coûte moins cher (argument de poids n'est-ce-pas?)
Si jamais vous vous êtes trompé, que votre adversaire possède réellement une bonne main et qu'il mise de nouveau au turn (ou même qu'il vous sur-relance), le coup aura été douloureux pour votre tapis. Tandis que le simple fait de caller votre adversaire suffit à obtenir à moindre coût l'information clé du floating: s'il check au turn, il n'a probablement rien.
Par ailleurs, la technique du floating permet aussi de parfaitement simuler le slowplay, votre adversaire vous mettra sur un monstre que vous vouliez sous-jouer.
D'ailleurs, ce genre de coup est un moyen très efficace pour brouiller la lecture de votre jeu, puisqu'en le variant ainsi, vos adversaires ne sauront pas si vous bluffer, contre-bluffer ou si vous sous-jouer, ils devront alors s'interroger sur chacun de vos move.
Enfin, avec un peu de chance et surtout, si vous avez pré-sélectionné une main correcte (une broadway ou un tirage), le turn va peut-être l'améliorer et vous vous trouverez ainsi dans une position avantageuse.
La pratique du floating, en apparence bien simple, nécessite toutefois de respecter certaines conditions.
C'est l'élément le plus important à considérer avant d'envisager un floating.
Vous devez impérativement avoir la position sur l'adversaire que vous voulez bluffer, un floating hors de position serait bien trop risqué et perdrais de son intérêt.
En effet, vous caller la mise de votre adversaire au flop pour voir ce qu'il fera ensuite au turn. Hors, si vous parlez après lui, c'est vous qui devrez checker en premier et vous allez probablement vous faire bluffer, en tout cas, vous ne pourrez pas constater sa faiblesse.
Après la position, c'est le profil de votre adversaire qui doit être pris en compte.
Les proies idéales pour le floating sont les joueurs serrés et prévisibles, c'est à dire ceux qui relancent pré-flop avec leurs broadway, misent en continuation sur le flop et abandonnent le coup au turn après que leur entreprise ait échoué. Ces joueurs sont suffisamment agressifs pour tenter les continuation-bet, mais ils n'osent rarement poursuivre leur bluff plus loin.
Face à un joueur large et agressif, il est plus difficile de tenter le floating, car d'une part, celui-ci lâchera difficilement sa main et d'autre part, la variété des mains de départ qu'il joue rend difficile l'appréciation de sa main (il peux très bien être sur un tirage par exemple).
Enfin, vous vous en doutez, abstenez vous de floater avec les calling-station, ils ne lâcheront pas leurs mains quoi qu'il en soit.
Plus que jamais, évitez d'utiliser cette technique pour bluffer plusieurs adversaires, la probabilité que l'un deux ait amélioré sa main avec le flop est trop importante.
De plus, la complexité du floating impose une lecture attentive de votre adversaire, il sera donc plus simple de se concentrer en head-up.
Tout d'abord, si les flops présentent des cartes hautes (As ou Roi), il vaux mieux éviter de floater, puisqu'il y a des chances que votre adversaire ait touché la top-paire.
A l'inverse, si le flop montre des cartes moins fortes, votre adversaire aura certainement loupé son flop et tentera alors un continuation-bet en bluff.
Quant aux tableaux qui montrent des tirages suites ou couleurs, ce sont de bonnes situations pour floater. Votre adversaire, déçu et aussi un peu inquiété par le flop, tentera tout de même un continuation-bet (ou un blocking-bet).
Si le turn amène une carte qui complète le tirage, votre bluff gagnera en crédibilité et il y a toute les chances pour que votre mise vous fasse remporter le coup.
Peu importe que vous ayez cette combinaison ou non, ici, vous ne jouer plus vraiment avec vos cartes, celles-ci ne deviennent qu'un élément secondaire.
Reste à savoir si votre adversaire est assez bon et attentif pour analyser la situation et estimer la crédibilité de votre bluff.
Vous pensiez avoir lu votre adversaire sur un continuation-bet, vous avez donc suivi nos conseils et payé sa mise au flop en espérant qu'il check au turn.
Hélas, avec frayeur, vous constatez que votre adversaire mise de nouveau et que votre floating au flop a échoué! Vous maudissez alors les auteurs de ce site qui ont tant vanté les qualités de cette technique, mais ne vous en faîtes pas, tout n'est pas perdu.
Bien sûr, votre adversaire affirme de nouveau sa force et il est probable qu'il possède belle et bien une bonne main, tandis que vous n'avez toujours rien...
Dans cette situation, il est envisageable de le relancer! Vous vous engagez donc maintenant dans un bluff total et désormais, votre seule chance de gagner est de le faire coucher (à moins que la river puisse vous rapporter des outs).
Tout d'abord, peut-être que si c'est un joueur agressif, il est toujours sur son bluff de continuation-bet qu'il ne veux pas abandonner. Il est également possible que votre adversaire ait lu votre tentative de floating au flop et qu'il décide de le contrer.
Dans les deux cas, votre relance le laissera donc penser que vous posséder vraiment une bonne main et il se couchera.
Mais vous pourrez vous en assurer que si vous avez une très bonne lecture de votre adversaire.
Si c'est effectivement un joueur agressif et qu'il a récemment bluffé d'une façon similaire, vous pourrez alors vous permettre de le relancer.
En revanche, si votre adversaire est lisible et joue de façon serré, il est presque certain qu'il possède une bonne main, vous devrez alors vous coucher.
Il en va de même si c'est un joueur qui, selon vous, aura du mal à jeter une main moyenne, il ne vous lâchera pas et continuera jusqu'à l'abattage.
Avant de prendre le risque de relancer au turn, prêtez également attention à la façon dont vous avez joué depuis le début de la partie.
Avez-vous déjà floater un coup récemment? Si c'est le cas, vous êtes surement repéré, couchez-vous.
Si vous sous-jouer fréquemment vos mains, une relance de votre part va paraître suspecte car elle ne représentera pas un gros jeu.
Par contre, dans ce cas, vous pourrez alors poursuivre votre floating à la river, pour en quelque sorte bluffer un slowplay. Votre adversaire va alors vous mettre sur un gros jeu et se couchera à la river, à condition que votre bluff soit cohérent (c'est à dire que des outs fictifs doivent exister) et que votre adversaire soit suffisamment attentifs pour croire à votre «histoire».
Rattraper de cette façon un floating au flop qui a échoué est, certes, une entreprise très osée, mais si elle fonctionne, vous serez récompensé non seulement par un gros pot, mais aussi par la joie que vous apportera la réussite d'un coup si subtil.
Enfin; vous estimez trop risqué le fait de relancer la mise au turn de votre adversaire, couchez vous sans regrets et consolez vous en pensant que vous auriez perdu plus d'argent en relançant directement sa mise au flop.
Le floating peut être un bon moyen de contrer les continuation-bet dont beaucoup de joueurs abusent. Mais pour y parvenir, il est nécessaire de bien prendre en compte divers facteurs, en particulier le profil de votre adversaire.
Le floating ne doit pas être utilisé systématiquement, car vous vous livreriez à des contre en check-raise puisque si vous êtes démasqué, les check au turn de vos adversaires ne seront plus des signes de faiblesse mais auront pour objectif de vous contre-piéger.